18 objets sont entrés dans les collections municipales en 2025
Mardi 23 décembre 2025
C’est un travail discret mais indispensable tout au long de l’année : la recherche, l’identification et la veille mènent à de belles acquisitions pour enrichir les collections conservées à Granville. Forts d’un budget dédié, chaque musée – Musée d’art moderne Richard Anacréon, Musée d’art et d’histoire et Musée Christian Dior – étudient et sélectionnent les œuvres et objets qui peuvent compléter les collections et le projet scientifique et culturel de l’établissement, selon les exigences des Musées de France traduites dans la loi du 4 janvier 2002.
Tour d’horizon des acquisitions de 2025 :
Musée d’art moderne Richard Anacréon
Paysage de Louis Valtat
Artiste proche de la Normandie, Louis Valtat se rend régulièrement dans la région pour ses vacances, au printemps et en été, pour retrouver le bord de mer à Port-en-Bessin, à Arromanches ou encore à Ouistreham. Outre cet intérêt de l’artiste pour les paysages normands, Louis Valtat est représenté dans les collections du MamRA d’abord pour la place majeure qu’il occupe dans l’histoire de l’art moderne. Ainsi, le MamRA conserve déjà dans son fonds, un Port breton et, depuis 2013, une huile sur carton intitulée La Loge.
Ce paysage, signé des initiales de l’artiste, va rejoindre les cimaises du parcours permanent dès 2026 pour poursuivre le dialogue entre les œuvres de beaux-arts et de bibliophilie.
Musée d’art et d’histoire
Les acquisitions 2025 du MahG ont abouti exclusivement grâce à des dons de particuliers. L’intérêt des habitants et locaux pour leur patrimoine et leur générosité, aidant à l’enrichissement des collections du MahG, est indispensable pour la constitution des collections publiques. Les quatre acquisitions réalisées en 2025 par le MahG ont d’abord été étudiées pour s’assurer de la cohérence de ces dernières par rapport aux fonds existants et de la pertinence par rapport au Plan Scientifique et Culturel du musée.
Retour de pêche / « Les bisquines de Granville 1910 » de Richard Le Blanc
Richard-André Le Blanc est un artiste peintre né, formé et installé à Granville. Il a représenté la vie quotidienne de Granville sous de multiples aspects : le marché, le port, les scènes de pêche, etc. Il s’agit ici d’une scène de pêche représentée à bord d’une bisquine, bateau traditionnel de la Baie du Mont-Saint-Michel. Les paniers en osier sont pleins, correspondant au titre donné « Retour de pêche », corroboré également par la faible activité du bord.
Le lien avec l’activité granvillaise est confirmé par l’immatriculation lisible de la bisquine en arrière-plan : G75, bisquine pilote (reconnaissable à son ancre de marine peinte sur la grand voile et au pavois blanc), construite à Granville en 1881 et francisée en 1883.
Richard Le Blanc est déjà présent dans les collections du Musée d’art et d’histoire avec 1 affiche, 4 aquarelles, 7 huiles sur toile et 11 dessins, deux d’entre eux ayant été présentés dans les éditions 2024 et 2025 de l’exposition « Bons Baisers de Granville » au cœur de la section consacrée à la pêche à Terre-Neuve.
Détail de l’œuvre de Richard Le Blanc
Le module durant l’exposition « Carnaval(s) » au MamRA en 2021
Module de carnaval « P’tit Jules »
Le « module », appelé « P’tit Jules » a été réalisé en 2015 à partir d’un landau de famille pour pouvoir emmener le dernier-né (Jules) dans les cavalcades, à partir de matériaux de récupération exclusivement, comme le veut la tradition carnavalesque.
Les créateurs sont les membres de l’équipe du char « Char Letrouvé », famille de carnavaliers réunie en association pour former un char depuis 1992. La famille Letrouvé est particulièrement représentative de la transmission intergénérationnelle des pratiques carnavalières à Granville, ce qu’incarne ce module.
Jules est le petit-fils du donateur, âgé de 9 mois au moment du carnaval. La plaque d’immatriculation correspond à la date de naissance de l’enfant. C’est la poussette de la famille qui a été transformée pour lui permettre de participer à son premier carnaval. La transformation de la poussette en bateau s’intégrait au thème retenu pour le char auquel participait la famille Letrouvé : Les révoltés du Mairie-Té (en référence au trois-mâts barque Marité, bateau historique immatriculé à Granville).
Présenté durant l’exposition Carnaval(s), en partenariat avec le Musée de Normandie à Caen, en 2020 et 2021, ce module a définitivement rejoint les collections du Musée d’art et d’histoire afin d’enrichir le fonds dédié au carnaval de la cité corsaire.
Robe d’après-midi
Le fonds textile du Musée d’art et d’histoire, riche d’environ 7000 et 8000 items, est le plus important de la collection.
La robe proposée ici est griffée « Lamort / ROBES / GRANVILLE ». A la fin du 19e et au début du 20e siècle, l’annuaire de Granville liste plus de 20 couturières, deux portant le nom de Lamort à des adresses différentes. La robe d’après-midi est en baptiste de coton finement plissée avec inclusion de dentelles au crochet avec des fleurs en relief et broderies blanches. Dans un bon état général, possédant tous ses boutons et broderies, et sans déchirure, cette robe souffre cependant de quelques tâches et jaunissements qui peuvent être repris dans le cadre d’une restauration.
Sa confection identifiée par une couturière de Granville permet d’enrichir la connaissance des métiers et savoir-faire locaux, et de compléter parallèlement la collection en vêtements associés à la promenade et à la plage, l’une des thématiques au cœur des collections du Musée d’art et d’histoire et régulièrement sollicitées pour des prêts et présentées en exposition.
Bijou
Les bijoux constituent une part essentielle des vêtements traditionnels féminins jusqu’au début du 20e siècle. Le Musée d’art et d’histoire possède à ce titre des bijoux en cheveux, des croix-bosses, des croix « Jeannette » ou encore 3 pendentifs « Saint-Esprit » en métal argenté. D’autres pendentifs de même type sont présents dans la région (Avranches, Lisieux, Caen) et témoignent de la diffusion de ce modèle. Cependant, chacun est différent.
Le bijou « Saint-Esprit » semble apparaître en Basse-Normandie à la fin du 18e siècle, plus tardivement qu’en Haute-Normandie. Saint-Lô (Manche), Pont-Farcy (Calvados), Argentan et Alençon (Orne) sont des lieux de fabrication connus. Paris a également été un lieu de production très important. Largement pavé de strass, il témoigne de l’engouement régional pour ces pierres dès la fin du 18e et au 19e siècle.
Le « Saint-Esprit » se porte en pendentif ou en broche. Comme pendentif, il est constitué d’un coulant auquel est suspendu une colombe, tête en bas et ailes déployées, accrochée à un nœud Louis 15, l’ensemble pavé de pierres. Les grappes de raisin et le rameau, figurant le rameau d’olivier, tenus dans le bec de la colombe, sont les autres éléments récurrents du bijou surtout à partir du 19e siècle.
La variété des collections acquises en 2025 témoigne d’un enrichissement constant et volontaire des musées de Granville. Présentés en expositions temporaires, en collections permanentes, conservées en réserves, prêtés à d’autres institutions, ces objets bénéficieront du plus grand soin apporté aux collections des Musées de France : étude, conservation, restauration, présentation, diffusion… Ils rejoindront à terme le Centre de conservation des Musées de Granville dont les travaux s’achèveront en 2027.
Pour découvrir toutes les collections des musées de Granville, rendez-vous sur : https://collections.musees-normandie.fr/